Le bois, le plus vieux matériau d’avenir
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Description of the conference
Alors que les rapports du GIEC se succèdent sur l’évolution du CO2, le constat est sans appel : nous sommes dans l’impasse. Malgré les engagements internationaux, la production de carbone ne fléchit pas. Face à l’urgence, une révolution architecturale s’opère, portée par une conviction : la neutralité carbone ne se décrète pas, elle se construit. Le bois, longtemps relégué au second plan, redevient le protagoniste d’une architecture alternative capable de stocker le carbone plutôt que de l’émettre.
Dans les régions fortement boisées, l’évidence est géographique : utiliser la ressource locale est un impératif de bon sens. Mais au-delà de la proximité, la réflexion doit être globale. Il ne suffit plus de prôner « le bon matériau au bon endroit » ; nous devons désormais viser « le bon bois au bon endroit ». Cette précision est le cœur d’une nouvelle philosophie : « Plus d’ingénierie, moins de matière ». Dans un monde aux ressources finies, l’intelligence de conception doit primer sur la masse critique.
Cette approche permet aujourd’hui des prouesses techniques impensables il y a dix ans. Grâce aux systèmes constructifs innovants, le bois s’élance désormais sur 20 ou 30 étages et franchit des portées libres de 20 mètres en plancher. Cette performance repose sur l’intégration de technologies de rupture, comme l’échographie ultrasonique et les méthodes acousto-ultrasoniques. Ces outils permettent de sonder l’intimité de la fibre ligneuse pour en extraire la quintessence structurelle. En comprenant précisément la capacité de chaque pièce de bois, on évite le surdimensionnement et on réduit l’empreinte environnementale de chaque mètre carré construit.
Mais cette architecture de demain ne saurait ignorer l’existant. La durabilité passe par la prolongation de la vie des structures déjà bâties. L’outil Sylvatest, fer de lance de la méthode Acousto-Ultrasonic, permet de diagnostiquer avec une précision chirurgicale l’état des charpentes, des poteaux ou des traverses de chemin de fer. En prolongeant la durée de vie de ces ouvrages, on maximise le temps de séquestration du carbone et on honore la matière déjà prélevée : restaurer plutôt que déconstruire, c’est le summum de la Durabilité.
En conclusion, l’impasse sur la neutralité carbone ne peut être levée que par un changement de paradigme. En mariant la sagesse frugale de la ressource forestière à une haute technicité, nous redéfinissons une modernité où la sobriété matérielle en dehors des matériaux fossiles devient la mesure de l’excellence.
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Speaker for this event
Jean-Luc Sandoz est ingénieur diplômé de l’ENSTIB (École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois). Expert bois reconnu, il est aujourd’hui considéré comme l’une des figures de référence internationales dans le domaine du matériau bois, de son diagnostic et de sa valorisation dans la construction.
Inventeur du Sylvatest et du Polux, outils pionniers de mesure et de contrôle non destructif des propriétés mécaniques du bois, il a contribué de manière déterminante à l’évolution des méthodes d’évaluation du matériau bois. Ces technologies, aujourd’hui largement diffusées et reconnues à l’échelle internationale, sont utilisées tant dans la recherche que dans l’ingénierie, la construction et la gestion du patrimoine bâti.
Spécialiste du matériau bois, Jean-Luc Sandoz a exercé en tant que professeur à l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) jusqu’au début des années 2000, où il a œuvré à la formation d’ingénieurs et au transfert de technologies entre le monde académique et l’industrie.
Depuis 1991, il dirige le groupe CBS-CBT, bureau d’ingénieurs et de technologies spécialisé dans le bois et les matériaux biosourcés, qu’il a développé comme un acteur de référence dans l’ingénierie, l’expertise, l’innovation et la durabilité du bâti.
Au cours de sa carrière, Jean-Luc Sandoz a conçu et réalisé plus d’un millier d’ouvrages en bois, couvrant un large spectre de typologies et de contextes techniques, et a mené plusieurs centaines d’expertises en France et à l’international, tant sur des ouvrages contemporains que sur des structures patrimoniales complexes.
Son parcours se distingue par une alliance rare entre rigueur scientifique, innovation technologique et expérience de terrain, au service de la construction durable, de la sécurité des ouvrages et de la valorisation du matériau bois à l’échelle internationale.